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La femme serait-elle l’avenir du métier de chauffeur ?

Dans un monde du transport plutôt réservé aux hommes, on commence à voir des taxis ou VTC conduits par des femmes. Surpris au premier abord, mais souvent très bien servis, les clients en redemandent. Eurecab fait le point sur la féminisation du métier de « taxi ».

Des kilomètres de clichés

Dans le monde du transport, l’automobile est probablement le secteur le plus associé à la virilité, voire au machisme. L’automobile serait une affaire d’hommes : dès l’enfance, les petits garçons jouent aux autos pendant que leurs sœurs jouent à la poupée. Faux ?

La conduite serait, elle aussi, une affaire d’hommes, sans parler des pays ou les femmes n’ont tout simplement pas le droit de prendre le volant.

Quiz : Selon vous, laquelle de ces deux images est plus volontiers associée au salon de l’automobile ?

salon auto AB

Le féminin de chauffeur est …

A l’instar des docteures, écrivaines, etc. on peut dire une chauffeure, une chauffeur, ou même chauffeuse (au canada), bien que ce dernier désigne également un type de fauteuil.

Minoritaires… mais très appréciées

Il n’y a pas de statistiques selon le genre des artisans taxi ou VTC. L’évidence est qu’elles sont très minoritaires. Les raisons culturelles évoquées ci-dessus jouent un rôle, tout comme l’état de fait : se retrouver seule femme dans un monde d’hommes peut rebuter.

Chez Eurecab, nous comptons pour le moment un petit nombre de chauffeures, en région parisienne ou en province. Minoritaires donc, mais extrêmement compétentes et très appréciées du public.

Pour s’en convaincre, regardez les avis clients suivants, représentatifs de la qualité de leur prestation.

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Vis ma vie de chauffeur(e)

Qu’en pensent les principales intéressées ? Nous avons recueilli deux témoignages de  femmes exerçant cette activité.

Marion Altounian est Responsable Transport des Taxis Lyonnais. Chez elle, le taxi est une affaire de famille…

annonce lyonnaisEurecab : Comment êtes-vous entrée dans le monde du taxi ?

Marion Altounian : Je suis née dedans, les Taxis Lyonnais est une entreprise familiale. Nous habitions un appartement au-dessus du bureau.

EC : C’est un métier dominé par les hommes …

MA : Certainement ! Il n’est pas évident pour une femme de s’imposer. Pour ma part, j’ai commencé au bas de l’échelle, au central téléphonique puis gravi les échelons progressivement. Chez nous, pour 147 hommes, on compte 3 femmes, plutôt sur un mode locataire (de licence NDR) qu’artisan. Parmi elles, une seule travaille la nuit.

EC : le fait d’être une femme présente-t-il un avantage pour les clients ?

MA : Oui, les clients sont plus en confiance. En particulier pour le transport d’enfants ou de malades, où elles sont très appréciées.

EC : quels sont les risques du métier ?

MA : nous sommes régulièrement confrontés aux incivilités, verbales principalement. Cela est plus marqué la nuit, avec des personnes alcoolisées. Les agressions physiques sont rares, mais il y en a eu envers un chauffeur, entraînant une incapacité temporaire de travail. Ce risque est un frein pour les femmes, mais on peut compter sur une solidarité dans la profession. En quelques secondes, un appel passé par la radio suffit à ameuter les collègues présents dans le secteur.

EC : Que recommanderiez-vous à une femme qui souhaite se lancer dans le métier ?

MA : S’orienter vers le transport médical, ou d’enfants, et éviter la nuit si possible.

EC : Un message pour les clientes ?

MA : Le taxi est un moyen de transport sûr. Les chauffeurs sont formés, sélectionnés, et ont une conduite très sûre. Pensez qu’ils parviennent à garder le permis à points tout en conduisant 8 h par jour !

Le prochain témoignage fait appel à Stéphanie Cordey, chauffeure et gérante chez Prestige Drive VIP, une agence francilienne de chauffeurs privés.

cordeyEurecab : Comment êtes-vous entrée dans le monde du transport ?

Stéphanie Cordey : mon premier métier était boulangère ! J’aime le contact avec les clients, j’ai pris l’habitude de me lever tôt, mais j’aspirais à plus de liberté, d’indépendance. Comme j’aime conduire aussi, je suis devenue chauffeure.

EC : C’est un métier dominé par les hommes …

SC : dans ma compagnie on compte 10 chauffeurs hommes, et une femme. Pour ma part, je n’ai pas eu de difficultés pour évoluer dans ce contexte.

EC : le fait d’être une femme présente-t-il un avantage pour les clients ?

SC : Les clients sont heureusement surpris. Je pense que les femmes sont fiables et ont une conduite plus souple.

EC : quels sont les risques du métier ?

SC : Les mouvements sociaux de fin janvier/début février nous ont pas mal secoués. Des tensions entre artisans notamment. En revanche, je ne peux pas parler d’agressions.

EC : pourquoi ?

SC : les VTC ne font que de la réservation, avec des clients enregistrés et n’ont généralement pas d’argent à bord.

EC : Que recommanderiez-vous à une femme qui souhaite se lancer dans le métier ?

SC : Il n’y a pas de grosse contre-indication pour la vie de famille, car le métier permet d’aménager ses horaires avec une certaine liberté. Pour ma part, je travaille très tôt le matin, mais vois mes enfants tous les soirs.

Alors le transport est il un métier réservé aux hommes ? Assurément non si l’on en croit les client(e)s qui sont ravi(s)s d’avoir affaire à des conductrices fiables, avec une conduite douce et sécurisante.

En évitant les situations les plus à risque (conduite de nuit…) la profession de chauffeure convient tout à fait aux intéressées, qui ne se voient pas passer 8h par jour dans un bureau… et tant pis pour les préjugés !