Auteur - Cedric

Les Taxis Bleus : prix fixes et appli mobile

Nous avons rencontré Yann Ricordel, directeur général des Taxis Bleus depuis fin 2011.

Qui sont les Taxis Bleus ?

La centrale des Taxis Bleus démarre en mai 1960. Son histoire est traversée par une série d’évolutions technologiques majeures.

A l’époque, les clients appelaient les opératrices du centre d’appel, qui enregistraient les commandes sur des fiches. Celles-ci étaient transmises à des opérateurs radio, qui opéraient le dispatch auprès des chauffeurs. Techniquement datée, la radio n’en était pas moins une technologie robuste. Cette infrastructure a fonctionné jusqu’en 2012, où la liaison GPRS a définitivement remplacé la radio.

A partir de 1994, introduction du GPS, qui a permis de géolocaliser en temps réel les chauffeurs et d’automatiser la distribution des courses, réalisée sans l’intervention d’un dispatcheur humain, comme cela se fait encore aujourd’hui dans de nombreuses compagnies américaines par exemple.

En 2000, la distribution s’étoffe avec la mise en place de serveurs vocal interactifs (SVI) et d’un site internet pour les clients particuliers et partenaires (hôtels, grands comptes …).

En 2010, les Taxis bleus sortent leur première appli mobile.

Parallèlement, la société a développé un réseau de partenaires qui assure une couverture des grandes métropoles françaises.

Evolution du secteur

Le premier concurrent de l’artisan taxi est … l’artisan taxi, dans la mesure où ceux-ci sont indépendants, ils vont tous tenter de tirer le meilleur parti du marché.

Donc, l’arrivée de VTC et des moto-taxis correspond à une nouvelle concurrence, qui se substitue à la grande remise. Pas une révolution mais une évolution, dont le cadre juridique n’est pas suffisamment clair, selon Yann Ricordel : « Avec la commission Thevenoud, le gouvernement avait le choix de faire converger les deux régimes, ou de clarifier la segmentation. Il a choisi plutôt la seconde option, avec une ligne de séparation, la « maraude », et sa déclinaison en « maraude électronique », qui est devenue perméable, ce qui pose problème. »

La généralisation de l’internet mobile fait surtout évoluer les attentes des clients. Les VTC l’ont bien compris. Les Taxis Bleus quant à eux suivent l’évolution technologique … comme ils le font depuis six décennies.

Uber est souvent assimilée à l’innovation technologique. Mais plus qu’une technologie, qui est comparable à la nôtre, c’est leur modèle économique et social qui est contestable : le transport par des particuliers rémunérés par exemple est plus proche de celui d’un taxi clandestin que d’un service de transport légal. Les pouvoirs publics devront trancher : souhaitons-nous que le transport de personnes évolue vers un cadre social dérèglementé ?

Réaction des Taxis Bleus face aux évolutions du secteur ?

Le virage du numérique permet de rapprocher les canaux de distribution des clients : central d’apbleus_applipels, SVI, site internet, appli mobile et la petite dernière, l’appli smart watch ! Cette évolution vers la multicanalité se poursuit aujourd’hui avec la mise à disposition d’API (connexions internet pour distribuer le service) auprès de nos partenaires, d’ici quelques semaines.

Sur le plan du service, les Taxis Bleus ont mis en place le prix maximum garanti. Il s’agit d’une option qui garantit le plafonnement du prix de la course au niveau du tarif annoncé par l’application avant la course, même si le compteur est allé au-delà en fin de trajet. Les retours des clients sont extrêmement positifs.

Quatre questions à … Yann Ricordel

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Q: Quelles sont les particularités de la clientèle parisienne ?

R: les clients sont dans l’ensemble exigeants, pressés … et attachés la relation humaine adaptée à la circonstance. Exemple un pro souhaitera du calme, une personne en trajet médicalisé sera davantage demandeuse d’une discussion. Je ne crois pas en l’uniformisation du service pour le client parisien.

Q : Quelles sont les spécificités du service Taxis bleus ?

R : l’acteur qui dispose du plus grand nombre de canaux de distribution du secteur.

Q : Pourriez-vous nous faire part d’un coup de cœur survenu à l’occasion de votre activité ?

R : C’est un métier de service aux personnes, qui nous amène à partager des tranches de vie quotidienne des gens, des événements tristes ou heureux. Par exemple, pendant les grèves SNCF de juin dernier, nous avons ouvert un N° d’appel prioritaire dédié aux bacheliers pour qu’ils puissent rejoindre leur centre d’examens. A l’issue de cela, nous avons reçu de nombreux courriers ou mails de remerciement !

Q : une galère ?

R : c’est un métier exposé où les agressions physiques (larcins, clients éméchés, guet-apens…) sont malheureusement régulières. Le 11 septembre dernier, c’est un chauffeur de taxi parisien de 56 ans qui est décédé des suites d’une agression par ses clients alcoolisés. Ces hommes et ces femmes chauffeurs de taxis font un métier souvent stressant, et parfois dangereux.

Allocab à Nice … et ailleurs

Qui est Allocab ?

Sur la route, dans les airs … Yanis Kiansky était régulièrement en déplacement dans le cadre de son activité de consultant en Systèmes d’Information. En discutant avec un chauffeur de taxi-moto, il prend conscience que les chauffeurs galèrent pour constituer une clientèle, avec des sollicitations peu structurées, alors que le service est très apprécié des clients. L’idée fait son chemin : créer une centrale qui offrirait aux chauffeurs une force commerciale tout en les aidant à s’organiser. L’équipe est constituée avec Thomas Tiercelin pour le SI et Eric Cassin pour les opérations.

Implantée initialement à Aix-en-Provence, la jeune société sort une première version de sa centrale début 2013 pour servir le marché parisien, ouvert depuis peu aux moto-taxi et aux VTC.

Une fois le marché parisien adressé, Allocab part à la conquête des principales villes de province, et lance le service dans les grandes villes de la région PACA : Aix, Marseille, Toulon … A ce jour, une quinzaine de villes sont couvertes sur un objectif de vingt-cinq.

Lors de l’arrivée d’Allocab en région PACA, l’accueil des taxis était plutôt hostile, en particulier à l’encontre des moto-taxis, parfois pris à parti. Les VTC, moins vulnérables physiquement qu’une moto, ont également connu une situation tendue. Cependant, les esprits se sont apaisés à la faveur de médiation Thevenoud, dont la loi, publiée le 1er octobre, sera mise en application en mars prochain.

Quant à Uber, Yanis considère que le géant américain opère sur des marchés plutôt distincts de ceux d’Allocab. Clients voyageant dans le cadre de leurs loisirs, réservant en dernière minute pour Uber, contre clients sur réservations anticipées pour Allocab. Cela dit, la réservation immédiate va se développer chez Allocab avec la sortie de leur nouvelle application courant octobre 2014…Allocab_appli02

Cependant, le service Uber Pop est lui clairement hors la loi, puisque ce qui est présenté comme du covoiturage correspond en réalité à un service de transport à la demande tarifé, qui échappe à l’URSSAF et aux impôts !

Combien coûte une course à Nice ?

Le comparatif ci-dessous présente les prix publics TTC de Allocab en regard d’estimation d’une course en taxi classique réservé.

DépartArrivéedistance routetemps estiméAllocab jour (1)Allocab nuit (1)taxi réservé jour (2)taxi réservé nuit (2)
Nice, palais de justiceNice, 164 Avenue des Arènes de Cimiez3.511292919.321.1
Nice, aéroportNice, palais de justice7.416293327.431.2
Nice, palais de justiceVence, 214 Avenue Colonel Meyere21.538617056.767.9

(1) tarif forfaitaire comprenant l’approche

(2) prix estimé à partir du barème préfectoral, en comptant 8€ de trajet d’approche et un supplément d’1€ pour bagages.

Quatre questions à … Yanis Kiansky

Q: Quelles sont les particularités de la clientèle PACA ?

R : ils découvrent le service de VTC ou la moto taxi, et ils adorent !

Q : Quelles sont les spécificités du servcie Allocab ?

R : Allocab est le premier réseau national de VTC, et le seul à proposer les 3 modes de transport (moto, limousine ou van 7 places). Enfin, nous avons la maitrise de notre SI, ce qui permet la plus grande flexibilité. Par exemple, vis-à-vis d’entreprises qui souhaitent la prise en compte de leur politique d’entreprise en matière de déplacement des collaborateurs (autorisation de gammes de véhicule, prix, horaires etc.).

Q : Pourriez-vous nous faire part d’un coup de cœur survenu à l’occasion de votre aventure ?

R : Un couple réserve une voiture (une jaguar) pour se rendre à la maternité … quelques jours plus tard, nous recevons un faire-part de naissance !

Q : une galère ?

R : Nous avons saisi le conseil d’Etat sur le sujet du délai des 15 minutes entre la commande et la course. Celui-ci nous a donné raison dans son avis qui porte notre nom, occasionnant couverture médiatique complètement inhabituelle … et un trafic qui a poussé notre site au bord de la rupture. Nous avons dû revoir l’ensemble de nos processus pour éviter la catastrophe !

Les VTC en province

à Paris : innovation et polémiques

Depuis l’entrée en vigueur de la loi de 2009 créant le régime des Véhicules de Tourisme avec Chauffeur (VTC), on dénombre 7000 VTC.

Aujourd’hui, les plus gros opérateurs disposent de marques connues du grand public. Uber, venue des USA, défraie régulièrement la chronique. Les françaises ne sont pas en reste : LeCab, Allocab, SnapCar, Navendis, Chauffeur Privé … sont autant de start-up qui développent des applications innovantes pour un service de plus en plus performant. Elles se sont également illustrées à l’occasion de la grogne des taxis.

Leur point commun : toutes sont nées et opèrent en région parisienne depuis 2 ans environ.

Et en province ?

Dès la loi de 2009 promulguée, une entreprise avignonnaise a rapidement développé le concept de courses réservées et accessibles au plus grand nombre : EasyTake, fondée par Jean-Marc Sibade et Michel Olivier. Cette entreprise a cessé son activité en 2012, comme nous le relatons dans cet autre article.

L’exception avignonnaise confirme-telle la règle d’une France jacobine ? La province est-elle fatalement en retard en matière de transport innovant ? Non point ! C’est l’heureuse surprise de cette enquête : Toulouse, Lille, Strasbourg ou Nice recèlent elles aussi de jeunes pousses pleines d’avenir.

Eurecab est allé à leur rencontre.

 image Serge Jamois

Ecota.co, le VTC made in Lille

Qui est Ecota.co ?

Alexis Quesney et Maxime Lenne ont 50 ans … à eux deux. Après une première expérience dans la finance à Londres pour Alexis, et dans l’informatique pour Maxime, les deux lillois ont fait équipe à l’occasion du startup weekend de mai 2012. Leur projet entrepreneurial remporte le concours … EcoTa.co est née.

L’entreprise compte à présent 3000 utilisateurs, parmi lesquels des entreprises de la région. Elle vient de lancer la version iPhone de son application, une implantation à Montpellier, et travaille à l’extension de son service.

Ecota.co ne se reconnait pas dans le conflit entre taxis et VTC, tel qu’il est décrit dans les media. La situation à Lille n’est pas aussi tendue, avec à l’occasion une certaine solidarité entre les deux métiers. La concurrence entre VTC est elle aussi vécue sereinement, à condition que les acteurs respectent les règles du jeu, ce qui reste à vérifier, s’agissant de UberPop, l’offre de covoiturage lancée il y a 2 mois dans la région par le leader américain du secteur.

Combien coûte une course à Lille ?

Le comparatif ci-dessous présente les prix publics TTC d’EcoTa.co, en regard d’estimation d’une course en taxi classique réservé.

départarrivéedistance temps estiméEcotaco jourEcotaco nuittaxi réservé jourtaxi réservé nuit
mairie de Lillemairie de Faches-Thumesnil4.31513€13€19.221.5
mairie de LilleDecathlon campus8.81517.7€17.7€27.732.5
gare de Lille-Europemairie de Roubaix, Gd place13.71924.5€24.6€3744.4
aéroport Lille-LesquinTourcoing, mairie22.12536.9€36.9€5364.9

(1) tarif unique.

(2) prix estimé à partir du barème préfectoral, en comptant 8€ de trajet d’approche et un supplément d’1€ pour bagages.

Quatre questions à … Alexis Quesney

Q: Quelles sont les particularités de la clientèle lilloise ?

R: EcoTa.co travaille essentiellement sur des courses réservées, parfois plusieurs jours à l’avance. Les lillois sont sensibles au prix, davantage qu’au confort ou au prestige. Lille est un terroir d’entrepreneurs, et la population bouge beaucoup.

Q : Quelles sont les spécificités du servcie Ecota.co ?

R : le fait de travailler sur des réservations anticipées permet d’optimiser les trajets des chauffeurs, tout en contrôlant la qualité du service, c’est-à-dire la ponctualité pour les clients. Nous proposons également un service de grands véhicules (vans 7 places). Quel que soit le véhicule, Ecota.co s’attache à ce que la qualité du service soit toujours au meilleur niveau. Enfin, nous opérons sur des courses de longue distance à destination des aéroports de Paris ou Bruxelles.

Q : Pourriez-vous nous faire part d’un coup de cœur survenu à l’occasion de votre aventure ?

Le premier est l’évènement fondateur : remporter le Startup Week-End, alors que notre projet était plus orienté service, moins techno que d’autres projets. Le second en mars dernier, lorsque nous avons remporté le contrat pour la desserte des gares de Lille, dans le cadre du service SNCF Porte-à-Porte.

Q : une galère ?

R : pas de galère en particulier, mais créer une entreprise est une course de longue haleine !

Pink-Me-Up rajeunit le VTC à Toulouse

Qu’est Pink-Me-Up ?

Issu de Sup de Co Toulouse, Sylvain Lazaro était spécialisé en droit de la concurrence. Lorsque les lois de 2009 portant la création du régime de VTC entrent en application, il voit une opportunité à saisir, stimulée par ses expériences en Espagne, où l’offre de taxis est abondante et bon marché, ou à Londres, où le régime des « minicabs » est très largement utilisé pour les courses réservées.

Pink-me-up est lancée en 2012. Dans un premier temps, faute d’un nombre suffisant de chauffeurs indépendants dans la région, les fondateurs prennent eux-mêmes le volant. Ils cumulent alors le parcours du combattant de créateurs d’entreprise et la conduite des clients. Cette expérience leur permet d’être au contact du marché, de multiplier les rencontres.

Ensuite, ils ont pu s’en remettre à des chauffeurs indépendants, parfois d’anciens taxis. La société s’appuie sur 15 à 20 chauffeurs, fonctionne essentiellement sur des courses réservées.

A l’avenir, Sylvain envisage une extension du service sur d’autres métropoles, soit en direct soit par le biais d’alliances avec d’autres VTC.

La cohabitation avec les taxis est pacifique, rien à voir avec la « guerre » montée en épingle dans les medias.

Le géant américain Uber vient de débarquer à Toulouse avec son offre pop. Contrairement à Pink-Me-Up, ils ne pratiquent que la réservation immédiate. Ils concurrencent donc essentiellement les taxis.

Combien coûte une course à Toulouse ?

Le comparatif ci-dessous présente les prix publics TTC de Pink-Me-Up en regard d’estimation d’une course en taxi classique réservé.

départarrivéedistancetemps estiméPink-me-up (1)taxi réservé jour (2)taxi réservé nuit (2)
Toulouse, place du capitoleLa Dune, 26 allée des foulques, Toulouse9172425.331.1
Toulouse, place du capitoleLe Bikini, rue Théodore Monod, Ramonville-Saint-Agne10192526.933.3
Toulouse, place du capitoleAéroport Toulouse-Blagnac9.1183025.531.3

(1) tarif de nuit pour les deux premières courses, et forfait aéroport pour la 3e course.

(2) prix estimé à partir du barème préfectoral, en comptant 8€ de trajet d’approche et un supplément d’1€ pour bagages.

Quatre questions à … Sylvain Lazaro

Q: Quelles sont les particularités de la clientèle toulousaine ?

R: la clientèle toulousaine est variée : sorties, aéroports, gares, etc. On y retrouve d’ailleurs pas mal de parisiens en visite à Toulouse !

Q : Quelles sont les spécificités du servcie Pink-Me-Up ?

R : la proximité entre chauffeurs et clients. On n’a clairement pas choisi le positionnement des « chauffeurs de maître », distants et encravatés, et à l’inverse on n’est pas non plus dans la caricature du chauffeur familier imposant l’écoute de RMC à ses clients. Pink-Me-Up crée une ambiance détendue, que les clients apprécient … et ils reviennent !

Q : Pourriez-vous nous faire part d’un coup de cœur survenu à l’occasion de votre aventure ?

R : L’époque où nous conduisions nous mêmes les clients. Nous avons vraiment apprécié de rendre le service directement, de rencontrer les gens, de sympathiser quelquefois. Certaines rencontres ont d’ailleurs débouché sur des contrats.

Q : une galère ?

R : Cette époque était aussi excitante qu’épuisante.

e-cab : le meilleur du VTC à Strasbourg

Qui est e-Cab ?

e-cab a été fondée en mars 2013. Son fondateur, Mohamed Doudeche, opérait déjà dans le transport de personnes en tant qu’artisan taxi. Avec l’arrivée du régime des VTC, celui-ci a vu l’opportunité de faire évoluer le service pour une meilleure qualité, plus accessible pour les utilisateurs.

L’entreprise emploie actuellement trois chauffeurs, plus deux prestataires qui collaborent occasionnellement. La société poursuit sa croissance en développant les différents marchés de cette région dynamique, qui compte pas moins de cinq aéroports entre Alsace, Suisse et Allemagne.

Lors des débuts, la profession des taxis avait tendance à diaboliser les VTC. Par la suite, les deux métiers ont cohabité de manière pacifique, en dépit de la polémique en cours à Paris. S’agissant d’Uber, Mohamed Doudeche partait d’un a priori positif : « voilà une boîte innovante ». Son avis est plus contrasté aujourd’hui, au vu des pratiques de la société. En particulier, le produit Uber Pop associe une marque VTC au positionnement haut de gamme, à une production assurée par des amateurs, ce qui risque de conduire à des déconvenues.

Combien coûte une course à Strasbourg ?

Le comparatif ci-dessous présente les prix publics TTC d’e-Cab, en regard d’estimation d’une course en taxi classique réservé.

départarrivéedistance (km)temps estimé (min)E-Cab, tarif de jour (1)E-Cab, tarif de nuit (1)taxi réservé, tarif de jour (2)taxi réservé, tarif de jour (2)
Parlement européen, Allée du PrintempsCHU, 1 Place de l'Hôpital 3.81315€15€17.4€20.1€
Gare SNCFAéroport de Strasbourg - Entzheim15.81635€45€37.8€49.1€
Aéroport de Strasbourg - EntzheimParlement européen, Allée du Printemps,20.82545€60€46.3€61.2€

(1) tarif de jour entre 7h et 19h.

(2) prix estimé à partir du barème préfectoral, en comptant 8€ de trajet d’approche et un supplément d’1€ pour bagages.

Quatre questions à … Mohamed Doudeche

Q: Quelles sont les particularités de la clientèle strasbourgeoise ?

R: Elle est aussi variée que le type de trajet (hôpitaux, gares, aéroports, entreprises, nuit …).

Q : Quelles sont les spécificités de votre service ?

R : Nous apportons le plus grand soin à la satisfaction du client : notre objectif est l’excellence comme base de la fidélisation. Un transport écologique aussi, grâce à nos véhicules hybrides.

Q : Pourriez-vous nous faire part d’un coup de cœur survenu à l’occasion de votre aventure ?

R : Le fait d’avoir réussi la création d’une nouvelle activité, avec création d’emplois à la clé.

Q : une galère ?

R : Plutôt une ombre au tableau : les tensions entre taxis et VTC, le sentiment que la profession de taxis ne souhaite pas évoluer. Souvenons-nous de Kodak, leader qui a disparu faute d’avoir pris à temps le tournant du numérique !

La voiture autonome : quels impacts pour VTC et taxis ?

Depuis 2012, la voiture autonome intrigue. Stimulés par la communication directe de la firme Google, les media ont relayé un sujet qui semble sorti des fantasmes techno comme la voiture volante, la téléportation ou autres sabres laser. On anticipe des impacts profonds sur le secteur automobile. Qu’en sera-il des services associés ? Quels impacts pour les taxi et VTC en particulier ?

Google a diffusé des vidéos de son prototype avancé de voiture autonome, mis en scène dans différentes configurations. D’abord sous forme d’une voiture grand public – Toyota Prius – disposant d’équipements spéciaux, reconnaissable à la sorte de gyrophare sur le toit :googlecar_nonvoyant

Voir vidéos : Voiture accompagnant un non voyant, Roulant à pleine vitesse sur circuit, ou plus récemment, un prototype maison essayé par des badauds enthousiastes.

Les journaux les plus sérieux se sont penchés sur le phénomène ces dernières années. Voir articles de Lemonde , Forbes , The Economist , etc.

Rappelons une évidence : la place centrale de l’automobile dans notre mode de vie.

En un siècle l’automobile est devenue plus qu’un moyen de transport. Elle a structuré nos villes : habitat, stationnement, signalisation … les gens apprennent à conduire : auto écoles, permis de conduire, code de la route, gendarmes, radars … mais aussi assurances, services d’urgence, dépanneuses … Enfin, une filière industrielle majeure produit, vend et entretient les voitures, sans parler de tout ce qui concerne le carburant. Nombre de services en ont fait leur principal outil : la logistique, le taxi, la location, etc. Enfin, notre quotidien dépend largement de la voiture : trajets domicile-travail, conduire les enfants, faire ses courses …

L’apparition de voitures autonomes va modifier ces équilibres.

Voiture sans chauffeur : un oxymore ?BMW-plaisir-conduire-totem

Depuis la Ford T, la voiture n’a cessé d’évoluer. Plus rapides, plus sobres, plus confortables, plus sûres … les voitures ont cependant toujours été conçues autour du conducteur-client. Ces dernières années, les évolutions ont largement intégré les technologies de l’information, avec le GPS, l’aide au stationnement, la prévention de la somnolence, l’ABS/ESP, etc.

Cependant, si on parle de faciliter le travail du conducteur, ces innovations ne remettaient pas en cause la conduite elle-même !

L’industrie automobile prise d’assaut par un moteur de recherche.

Piqués à vif par le géant du logiciel, les industriels du secteur envisagent désormais très sérieusement la conception d’une automobile qui ne serait plus construite autour du conducteur. Une révolution copernicienne ! Il se trouve désormais peu d’acteurs qui n’aient un projet de voiture autonome dans leurs cartons.

La voiture de demain … c’est pour quand ?

Les parties prenantes situent l’entrée des voitures autonomes sur le marché dans la décennie : 2018 selon Serguei Brin, cofondateur de Google. 2017 à 2025 selon les grands constructeurs (Nissan, Daimler, Tesla entre autres).

Cela dit, la généralisation risque de prendre « un certain temps » : évolution des mentalités (confiance des utilisateurs, résistance au changement de certaines corporations), évolution de la règlementation (code de la route, responsabilité civile, assurances, …). Les experts du IEEE annoncent que le parc automobile serait constitué à 75% de voitures autonomes d’ici 2040.

A court terme, une succession d’évolutions indique que la dynamique est enclenchée :

  • Aux U.S.A, plusieurs états ont modifié le code de la route de sorte à permettre aux prototypes de véhicules autonomes de circuler sur le réseau urbain. Le Royaume-Uni, Singapour ont fait de même.
  • Les géants du logiciel soignent de plus en plus l’interface entre le smartphone et la voiture. Android ou Apple proposent des systèmes d’exploitation pour le GPS/HiFi embarqué de la voiture.
  • Les fonctionnalités « tête haute » apportent une aide à la conduite de plus en plus avancée.
  • Chez Autolib, une application PagesJaunes fait le lien entre la recherche d’un service et le routage GPS.

Cela étant posé, quelles seraient les conséquences de la diffusion des voitures autonomes ?

La location : triomphe de l’autopartage. Nous connaissons tous les loueurs Avis, Europcar, etc. Cette activité est en train d’évoluer vers ce qu’on appelle l’autopartage, consistant en la location « tout compris » pour de courtes durées. Le client prend possession du véhicule sans passer par un bureau de location : toutes les formalités sont faites via internet, et le déverrouillage du véhicule est contrôlé par un boitier spécial. Le client déverrouille au moyen de sa carte magnétique (RFID). L’autopartage permet à la fois aux grands loueurs de moderniser la location de leur parc pour leurs clients (B2B, B2C), mais aussi facilite la mutualisation de parcs de voitures entre particuliers (C2C).

Les perspectives d’un usage mutualisé sont considérables : les voitures personnelles passent 97% de leur temps en stationnement.

Pourtant, cette approche achoppe sur une difficulté : des particuliers qui souhaitent remplacer leur voiture personnelle par le recours à l’autopartage doivent se rendre à la station ou se trouvent les voitures mutualisées, ce qui appelle soit un maillage fin des régions en stations d’autopartage de sorte que l’on ait toujours une station à « 500m » de chez soi. C’est l’approche des Zipcar(Avis) ou encore Autolib, qui ont choisi de déployer un très grand nombre de stations et de véhicules, ce qui mobilise un investissement lourd, limité aux centre-villes très denses (comme Paris).

A contrario, un utilisateur qui souhaite prendre possession d’un véhicule en autopartage situé à quelques km de chez lui aurait besoin pour s’y rendre … d’une voiture ! Avec des voitures autonomes, ces dernières viennent aux utilisateurs et non l’inverse. Le problème est résolu, et le gisement de productivité du parc automobile (97% d’inoccupation) est enfin exploitable.

Le stationnement solutionné. Avec une voiture personnelle, le manque de place peut tourner au cauchemar. D’où les parkings à perte de vue des supermarchés, la place dévolue aux parkings dans la conception des habitations, des centre-villes, etc. Avec une voitureparking autonome, si celle-ci doit stationner un temps, tout se passe comme si votre chauffeur s’en occupait, ce qui change complètement la donne. En outre, si l’on considère que les utilisateurs de voitures en mutualisent l’usage (cf autopartage), une voiture qu’on aurait garé s’agissant de la voiture personnelle, devient disponible pour le prochain locataire. Elle passe ainsi d’une utilisation à la prochaine en minimisant le temps de stationnement !

Mode de vie : libération des agenda ! les courses, la conduite des enfants à l’école, aux activités le mercredi … pourront se faire sans mobiliser les parents, ce qui enlève une contrainte forte pesant sur les emplois du temps. Dans le même ordre d’idées, le temps passé sur le trajet domicile-travail est rendu à l’utilisateur qui pourra se détendre ou travailler pendant le trajet comme il l’aurait fait à bord d’un train, plutôt qu’à tenir le volant dans les bouchons.

Le transport de voyageurs

Les activités de taxi et de VTC seront challengées.

La rémunération du chauffeur représente environ les ¾ du cout total d’une course en taxi. Si la technologie requise par une voiture autonome représente elle aussi un cout certain, on peut penser que celui-ci suivra les économies d’échelle que connaissent les systèmes d’information depuis des décennies (loi de Moore), rendant un service presté par une voiture autonome de plus en plus compétitif à terme. C’est le pari que font les industriels, qui envisagent la voiture autonome comme un marché de masse. Le chauffeur cèderait alors le volant à une machine, mais le marché des courses ne disparaitra pas pour autant, bien au contraire, stimulé par un prix réduit.

Uber, premier débouché pour les voitures Google ?

Uber est connu comme leader pour la commande de courses dans la plupart des métropoles de la planète. En France, il opère sur le marché aux côtés d’autres compagnies de VTC telles SnapCar, Allocab, Chauffeur Privé ou Navendis.M-GoogleCar

Qui suit l’actualité aura noté que Google a investi massivement dans Uber en 2013. Parmi les raisons de ce rapprochement on ne peut s’empecher de voir en l’appli Uber une voie royale pour amener les consommateurs à commander leurs déplacements en google car. Celle ci couvrirait alors à la fois le marché des courses (taxi, VTC) et de la location (autopartage).

On peut imaginer la puissance de cette association, qui combinera une force commerciale de tout premier plan, à une structure de couts défiant toute concurrence.

Décloisonnement transport en commun / transport individuel

Si le cout kilométrique d’une course en voiture autonome est divisé par rapport à celui d’un taxi ou d’une voiture avec chauffeur (disons de 2 à 3€/km), et que par ailleurs on favorise le partage des courses pour embarquer à 2, 3 ou 4 passagers par véhicule, alors on se rapproche sensiblement de la structure de couts d’un service de transport collectif de type train régional, tram ou bus. Tout en en élevant le niveau de service avec des véhicules plus confortables, et la possibilité d’être dépose ou pris en charge devant chez soi. Par exemple : au lieu d’un TER faiblement rempli qui transporte à heure fixe des passagers d’une gare à une autre, on peut imaginer un groupe de voitures autonomes transportant les mêmes passagers sur leurs trajets particuliers, moyennant groupage intelligent des horaires et des itinéraires.

 Le train est lancé. A suivre …

Kelchauffeur, premier comparateur de chauffeurs privés

Nous avons rencontré David Carasso, co-fondateur du comparateur KelChauffeur.com qui nous présente son projet.

David travaille depuis quelques années, dans le secteur des assurances souscrites dans le cadre du financement de start-ups. A cette occasion, il voit se développer les premières centrales de VTC en France. L’idée de comparer ces offres en cours de multiplication prend alors corps et le pousse à s’associer avec son ami Laurent Levy, qui travaille en Chine à l’époque.

KelChauffeur vise à séduire un large public, avec un service de comparaison d’offres de transport aussikelchauffeur_services fourni que possible.

Le point fort de KelChauffeur tient notamment à la variété des services proposés par les prestataires, qui vont de la tablette à la mise à disposition de siège enfants.

L’équipe de KelChauffeur travaille actuellement à la prochaine version de son site et applis mobile, qui permettront à partir du mois prochain de commander et de payer la course en ligne.

Parallèlement, la start-up est à la recherche d’investisseurs pour renforcer ses moyens commerciaux et techniques. Evolution à suivre donc !

Quatre questions à … David Carasso

Q : Quelles sont les particularités de votre clientèle actuelle ?

R : Notre clientèle est très diversifiée, tant par son âge que pour l’utilisation (professionnel ou loisir). Elle souhaite comparer les offres sur les prix mais pas uniquement.

Q : Quelles sont les spécificités du service ?

R : Nous proposons une information sur les prix, et une gamme de services très étendue qui permet aux clients de choisir la solution qui leur convient le mieux.

Q : Pouvez-vous nous citer un coup de cœur survenu à l’occasion de ce projet ?

R : Nous ne nous attendions pas à susciter un tel intérêt auprès des chauffeurs. Ceux-ci trouvent chez nous une alternative à Uber par exemple, ils peuvent développer leur propre image.

Q : Une galère ?

R : le développement du SI a démarré dans la douleur. Nous avions choisi de sous-traiter le développement, avec comme résultat un projet qui a pris du retard et peu satisfaisant en qualité, si bien que nous avons dû changer notre fusil d’épaule : nous avons internalisé le SI. La transition a été difficile mais salutaire !