Auteur - Cedric

Comment trouver un taxi pour l’hôpital ?

Pour vous rendre (ou en repartir) à un rendez-vous médical, que ce soit une radio, un IRM, une hospitalisation, ou autre, il y a forcément un trajet.

Le système de protection sociale français prend en charge les frais de transport associés à un tel soin, sous certaines conditions. Le taux de remboursement est généralement de 65% (le plus courant) voire 100% dans le cas d’affection de longue durée.

Selon la pathologie, le médecin prescrira une ambulance, un Véhicule Sanitaire Léger (VSL). Si le patient ne nécessite pas de précaution particulière, il pourra bénéficier d’un taxi conventionné.

Les taxis conventionnés

Les prestataires de transport opèrent dans le cadre d’une convention avec la sécurité sociale. Le taxi peut y adhérer à condition d’avoir la licence depuis au moins 2 ans. A ce jour, les VTC ne sont pas admis dans cette convention. Voir la liste des taxis conventionnés pour Paris, Marseille, …

Qui peut en bénéficier ?

Le médecin prescrit le transport en accord avec la pathologie et les besoins du patient. Cette prescription, est en principe réservée aux personnes qui ont besoin d’une aide technique (déambulateur, béquille), d’un accompagnateur, etc, selon le site ameli.fr.

Par ailleurs, le patient doit s’acquitter d’un certain nombre de formalités : disposer de l’ordonnance du médecin, voire d’une entente préalable, d’une carte vitale et attestation de sécurité sociale à jour, et réserver exclusivement auprès d’un taxi conventionné.

J’ai besoin d’un chauffeur pour mon RDV médical

Pour vous rendre à une séance de radio, un scanner, une IRM, une hospitalisation ou des soins paramédicaux, vous avez besoin d’un transport suffisamment confortable, mais pouvez très bien vous trouver dans une situation non prise en charge par la sécurité sociale.

Exemple, une personne valide mais ne disposant pas de véhicule personnel, pour laquelle les transports en commun ne desservent pas directement le trajet domicile – rendez-vous ; et à plus forte raison, toute personne en situation délicate (mais non reprise ci-dessus) : Femme enceinte, ou accompagnée d’un tout jeune bébé, personne blessée (entorse …) etc.

Vous ne serez pas remboursé mais l’aspect positif est que vous aurez une totale liberté pour le choix : vous pouvez solliciter l’ensemble des taxis (conventionné ou non) et les VTC.

Quelle sera la meilleure solution ?couverture FR

Pour effectuer une telle recherche dans la plupart des villes de France, votre meilleur assistant sera le comparateur Eurecab.

Cherchez, comparez, réservez !

Chez Eurecab, tous les prix sont connus d’avance. Il n’y aura pas de supplément pour le trajet d’approche, ni pour les bagages. Vous pouvez réserver votre chauffeur plusieurs jours avant votre rendez-vous, ou le jour même.

Et la qualité ? Vous sélectionnez le type de véhicule, les services complémentaires, et pouvez vous fier aux avis clients, grâce auxquels l’offre est revue en permanence par ceux qui l’utilisent.

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Exemples de prix pour se rendre à un rendez-vous médical

Pour trouver le meilleur chauffeur pour votre prochain trajet : rendez-vous sur le site Eurecab !

Quel taxi pour rejoindre le port de croisière à Marseille ?

Le marché de la croisière se porte comme un charme : le nombre de croisiéristes sur le marché français a encore augmenté de 8% en 2014, totalisant une progression de 67% sur 5 ans ! A Marseille, ce sont 1,3 million de passagers qui embarquent ou qui débarquent chaque année.marseille embarcadere

Embarquer, débarquer … d’accord, mais concrètement, comment parcourir le « dernier kilomètre » entre la gare, l’aéroport et l’embarcadère ? A Marseille, celui-ci se situe à une dizaine de km de la gare, à l’ouest de la ville.

Dans le cadre d’un voyage organisé, pas de prise de tête : un autocar sera affrété pour emmener les touristes en visite.

En revanche, pour un embarquement ou une escale autonome, ce sera à vous de trouver parmi les solutions disponibles. Ne pas oublier que vous aurez avec vous des bagages, et une contrainte de temps à respecter … sous peine de rester à quai !

Quelles sont les solutions pour rejoindre l’embarcadère, et combien cela coûtera ?

Entre la gare St Charles et l’embarcadère

 prix (€)temps (min)confort (*)note
transports en commun1,34 par personne61*1
taxi en station22,2420 + attente si affluence***2
Chauffeur via Eurecab21,3920***3

Consulter les offres Eurecab

Entre l’aéroport de Marseille-Provence et l’embarcadère

 prix (€)temps (min)confort (*)note
transports en commun9,84 par personne96*1
taxi en station38,7321 + attente si affluence***2
Chauffeur via Eurecab35,8521***3

Consulter les offres Eurecab

Notes :

  1. Au départ de la gare StCharles, le meilleur trajet vous fait emprunter le métro jusque la station Joliette, puis le bus 34 jusqu’a l’arrêt « Littoral Gourret ». Enfin, il vous restera de 1,6 à 2 km à pieds. Au départ de l’aéroport, il faut ajouter une liaison en navette jusqu’à la gare StCharles, pour 8,5€ par personne, avec 25minutes de trajet +10min de marge pour attente. Infos avec l’OT Marseille
  2. simulation selon le barème officiel.
  3. meilleur prix, pour un véhicule de type Berline.

 

 

 

Qualité, ponctualité, sécurité et prix du voyage en avion : WhatTheFlight.com

Souvenez-vous : en 2005, une série de crashs aériens meurtriers amène la Commission Européenne à publier sa liste noire des compagnies aériennes interdites dans l’UE.

Le constat que fait alors Florian David est que si les comparateurs fournissent une information précise sur le prix, il est bien difficile de se faire un avis sur la sécurité, la ponctualité ou le service – éléments essentiels à la réussite d’un voyage. … Si ce n’est après coup, quand une situation catastrophique fait la une des journaux. Ce constat pousse Florian à fonder le site liste-noire.org, qui par la suite deviendra Whattheflight.com.

De la même manière que l’on consulte de plus en plus souvent tripadvisor pour un hôtel, un restaurant, ou les avis d’Amazon sur tel ou tel produit avant d’acheter, Whattheflight a développé un système d’avis clients par compagnie, par ligne … apportant les éléments qualitatifs pour que le voyageur fasse le meilleur choix.

Comment ça marche ?

Un moteur de recherche permet de sélectionner une ligne aérienne, et de consulter les avis, par compagnie desservant cette ligne, classés par date ou par note. Les compagnies aériennes ont la possibilité de répondre à ces avis.

wtf1 vignettewtf4 avis ryanair

A partir de là, on peut logiquement effectuer une recherche « classique » au moyen d’un classement ou l’on retrouve les prix par date, ainsi que les avis clients sur la compagnie et sur la relation concernée.

wtf3 avis et prix

Le blog

A côté du contenu dynamique (avis clients, prix/comparateur), le site propose une série d’articles de fond sur le secteur aérien : essais de nouveaux modèles d’avion, anecdotes, etc. Florian David et Benjamin Antoine qui rédigent ces articles, mettent leur passion du secteur aérien au service des utilisateurs. Souhaitons-leur bon vent !

Comparer prix et qualité

Aider le voyageur à faire son choix en fournissant la meilleure information possible : cette approche s’apparente à celle d’Eurecab pour les courses en taxi ou en VTC. Comme nombre de courses sont liées à un voyage en avion, la boucle est bouclée !

Taxis G7 vs Uber : confrontation de deux poids lourds du taxi et du VTC

Qui sont les concurrents d’Uber ?

Nous avons déjà largement commenté l’arrivée d’Uber en France, sa stratégie assumée d’affrontement des autorités, ainsi que le positionnement par rapport aux autres opérateurs de VTC en France.

Cependant, le front de la concurrence est en trompe-l’œil : si Uber lutte avec les autres centrales VTC ce n’est pas tant pour la conquête des clients que pour celle des chauffeurs indépendants. Indispensables à alimenter la croissance de l’acitivté, les chauffeurs sont séduits, cageolés au moyen d’une communication rapprochée et d’incentives économiques alléchants.

Pour ce qui est des clients, les autres centrales de VTC sont pour une bonne part positionnées sur les courses réservées, contrairement à Uber qui ne sert que des demandes pour un départ immédiat.

Mais alors, qui est le concurrent d’Uber ?

La réponse est évidente : ce sont avant tout les taxis, en France et dans le monde. Primo, les taxis occupent le plus gros marché (même si l’activité des VTC se développe rapidement). Secundo, le mode de commercialisation d’Uber se rapproche de la maraude (réservation d’une voiture dans la rue) qui est la spécificité du taxi.

Un choc entre deux poids lourds

En France, Uber a trouvé un adversaire de taille : la compagnie des taxis G7.

Pour faire court, voici le portrait des deux concurrents en quelques chiffres :tableau 2

 (*) au travers de partenariats avec d’autres centrales

Les services

G7 : Services et distribution à la carte

La gamme de services est la plus fournie : outre les taxis classiques, G7 permet d’opter pour un véhicule hybride, une Limousine, un Van 7 places, un véhicule adapté aux personnes en fauteuil roulant, aux familles (avec siège bébé), et même de covoiturer pour diviser le prix d’une course vers l’aéroport. En particulier, on peut souligner l’offre dédiée aux entreprises (G7 classe affaires).

Les canaux de réservation vont du central téléphonique ouvert en 24/7, le site internet, et désormais une application mobile qui présente peu ou prou les mêmes fonctionnalités que l’appli Uber : Estimation du temps d’approche, visualisation des taxis autour de soi, estimation préalable du prix, paiement par Carte Bleule logée dans l’appli mobile, etc.

Uber : standardisation et fiabilité

De son côté, nous l’avons déjà souligné, Uber propose un service de qualité, tant au niveau de la réservation au travers de son appli mobile (seul  canal de réservation), que de la prestation des chauffeurs. L’argument mis en avant par la compagnie est un temps d’attente réduit au minimum.

Rappelons enfin les classes de service d’Uber :

  • Uber X est l’entrée de gamme, la plus fournie en nombre de véhicules, peut se comparer aux taxis classiques.
  • Uber Berline offre des véhicules haut de gamme, et peut se comparer à la classe Affaires de G7.
  • Uber Pop correspond à une offre low cost, prestée par des chauffeurs non licenciés sous forme de covoiturage urbain. Cette gamme n’a pas d’équivalent chez les taxis. Elle fait l’objet de polémiques développées dans cet article.

La disponibilité

L’histoire est connue : un soir de 2008 qu’il était en visite à Paris, Travis Kalanic a peiné à trouver un taxi. Cette expérience lui aurait inspiré à l’idée du service Uber, et est révélatrice de l’importance que revêt la disponibilité du service.

De fait, à certains moments les temps d’attente peuvent s’allonger, ou pire encore le client s’entend dire que « tous nos chauffeurs sont occupés ». Les deux majors apportent chacune une réponse à cette question :

Chez les taxis G7, les clients de la Classe Affaires bénéficient d’une priorité sur tous les autres, ce qui veut dire en pratique que ce service garantit une disponibilité contre un tarif majoré des courses, et un abonnement annuel pour l’entreprise cliente. Le niveau de confort accru, ajouté à cette garantie ont un coût important, que nous exposons plus bas.

Chez Uber, lorsque la demande tend à saturer les voitures disponibles, la modulation tarifaire entre en jeu avec un double effet : les prix plus élevés tassent la demande (l’élasticité au prix) tandis qu’elle attise l’appétit des chauffeurs : ceux-ci seront d’autant plus nombreux à se raccorder au réseau Uber que la rémunération augmente … avec pour résultat un équilibre offre/demande : on retrouve de la disponibilité à un prix accru.majorations UBer

Revers de la médaille, cette politique occasionne quelques bad buzz.

Les Prix

Comment comparer ?

On ne peut parler de concurrence sans comparer le prix des prestations. Cependant, la lecture directe des gammes tarifaires des deux opérateurs ne permet pas de conclure.

En effet, les deux opérateurs tiennent compte chacun – à leur manière – de la durée de la course, ce qui rend le prix dépendant de l’état du trafic au moment du trajet.

En outre, Uber et les taxis ont chacun une variable personnalisée qui finit de brouiller la comparaison des tarifs :

  • Pour Uber, il s’agit de la majoration tarifaire décrite plus haut. L’application de la majoration est décidée par la centrale, et s’applique unilatéralement à tous les chauffeurs en activité.
  • Pour les taxis, il s’agit du trajet d’approche qui dépend de la position du chauffeur au moment où la centrale lui attribue une course sur réservation, et qui vaut au compteur un supplément de quelques euros au moment où le client embarque.

Par conséquent, pour tenir compte de cette variabilité, nous présentons pour chaque opérateur un intervalle de prix. Dans les deux cas, le chiffre en bas correspond au prix minimum dans les conditions les plus favorables. Ensuite, nous représentons sous forme d’histogrammes les majorations tarifiares comme ceci :

legende

Pour Uber, nous avons représenté une première valeur correspondant à une majoration x1,4 et une seconde à x1,8 (cela peut aller au-delà).

Pour les Taxis, nous avons représenté le supplément lié au trajet d’approche : 8€ correspondant à une valeur typiquement rencontrée à Paris (cela peut aller au-delà), puis un autre supplément correspondant aux tarifs en heure de pointe.

Par ailleurs, nous présentons le prix d’une course pour deux gammes : d’une part la gamme classique, soit Uber X et taxi classique, et d’autre part le haut de gamme, soit Uber Berline et taxi G7 classe Affaires.

Pour la première la tarification est semblable à celle d’UberX, avec des taux plus élevés. Pour G7 Classe Affaires, les prix correspondent à ceux d’un taxi classique, avec plusieurs suppléments (abonnement, forfait de réservation, frais de gestion notamment).

Résultats

On trouve généralement un chevauchement entre les fourchettes de prix de chaque opérateur.

tableau

Sous forme graphique :

histog

Comme la majoration tarifaire d’Uber porte sur la totalité du prix, la fourchette est généralement plus large que celle d’un taxi.

Pour faire court, disons que sur un trajet de petite distance (les deux premiers dans notre exemple), sans trajet d’approche, le taxi est équivalent ou moins cher que la fourchette basse d’Uber. En revanche un taxi réservé (avec un trajet d’approche) sera plus cher que la fourchette basse d’Uber. Enfin, dès lors que ce dernier applique sa majoration tarifaire, il repasse au-dessus du taxi.

Pour un trajet long (aéroports dans notre exemple), le taxi reste proche du prix mini (forfaitaire) d’Uber. Dès lors que ce dernier applique une majoration tarifaire, le taxi est sensiblement moins cher cette fois.

Conclusions

Les deux géants du transport à la demande disposent chacun d’atouts pour séduire les voyageurs. Des services très étoffés pour G7, une fluidité et une standardisation poussée chez Uber … S’agissant des tarifs, on ne peut dégager de vainqueur par K.O. il faut plutôt compter les points, et l’avantage sera donné à l’un ou à l’autre, selon les circonstances précises du trajet.

Au-delà des services ou du prix, l’argument clé sera la disponibilité : comment garantir que mon chauffeur sera bien présent quand je le souhaite, en particulier en période de forte demande ? Chacun des deux opérateurs apporte une réponse, plus ou moins coûteuse, à cette question.

En cas de forte demande, avec un taxi classique vous risquez de ne pas trouver de taxi, alors qu’Uber vous servira … moyennant un prix sensiblement plus élevé. G7 répond à ce souci en proposant sa classe Affaires, elle aussi sensiblement plus onéreuse que le taxi classique.

 

+ d’infos

GreenTomatoCars, quand taxi rime avec écologie

Qui sont les Green Tomato Cars ?

Le Swinging London des années 60-70 était le creuset de la culture pop … et pas seulement : pendant ce temps, les services de taxi y faisaient leur révolution, avec l’avènement des mini-cabs, ancêtres des VTC (voir notre article). Ceux-ci se sont imposés depuis comme service fiable et bon marché de transport urbain.

En 2006, deux anglais soucieux d’associer écologie et qualité de service, fondent
Green Tomato Cars. Au service de l’écologie, une flotte de véhicules exclusivement hybrides (Toyota Prius) est associée à une politique de compensation du CO2 émis. Par ailleurs, Greentomatocars utilise un système d’affectation des courses qui réduit les trajets à vide, optimisant les émissions et la productivité de la flotte. L’activité progresse rapidement, jusqu’à compter 100 véhicules en mars 2009.Green_Tomato

Fin 2010, Green Tomato Cars passe sous pavillon français avec Transdev, qui est déjà opérateur de taxis aux Pays-Bas. L’entreprise ouvre ses premières antennes hors du Royaume-Uni en 2014, avec Washington DC et Paris.

Le groupe prévoit d’étendre l’activité, en France et à l’étranger, dès lors que le cadre règlementaire (et le jeu concurrentiel) sera stabilisé dans les pays visés.

Prix en Ile de France : quelques exemples

DépartArrivéedistance (km)temps estimé (min)prix Greentomatocars (1)prix taxi en station (2)prix taxi réservé (3)
La Défense, place CarpeauxParis, gare d'Austerlitz14352924,233,2
aéroport CDGVersailles, rue A.Jolly50,35774.7680.189.1
Boulogne-BillancourtVersailles, rue A.Jolly9.92727.92130
Paris 12, Reuilly-DiderotVincennes, rue de Strasbourg4.71714.41423

 (1) prix fixe calculé sur le site Greentomatocars

(2) prix estimé selon barème préfectoral

(3) correspond au prix (2) auquel on ajoute 8€ de parcours d’approche, et 1€ pour les bagages.

Quatre questions à … Ghislain Gridel, directeur Greentomatocars France

Q: Quelles sont les particularités de la clientèle Greentomatocars ?

Elle est sensible à la préservation de l’environnement.

Q : Quelles sont les spécificités du service Greentomatocars ?

Son parti pris écologique, avec sa flotte de véhicules hybrides, une compensation des émissions de CO2, son logiciel de répartition des courses et des partenariats engagés auprès d’associations reconnues dans le secteur.

Green Tomato Cars vise à fiabiliser sa production, en alliant une supervision humaine 24/7 et des moyens industriels pour gérer chaque cas particulier.

GTC est très présent sur les déplacements banlieue/Paris, ou l’offre est nettement moins abondante.

Enfin, GTC facilite une utilisation du service à titre professionnel ou privé, avec un système de facturation adapté aux différents usages.

Q : Pourriez-vous nous faire part d’un coup de cœur survenu à l’occasion de votre aventure ?

Nous recevons régulièrement des remerciements de la part de clients, mais celui qui sort du lot est … une demande de mariage !

Q : une galère ?

La difficulté à laquelle nous faisons face actuellement est une relative pénurie de chauffeurs VTC. D’une part, les commissions d’attribution de licences ont été gelées entre avril et mi-juillet. D’autre part, certains concurrents pratiquent une forme de dumping en promettant aux chauffeurs des revenus décorrélés de l’activité commerciale réelle.

Il importe donc que le cadre règlementaire se stabilise pour que les différents acteurs puissent s’adresser au marché à armes égales.


greentomatocars, le service VTC éco-responsable à Paris

Les comparateurs de prix pour taxi

Naissance des comparateurs dans l’aérien

yield prix

Evolution des prix pour un A/R en avion en fonction de la date de réservation

Depuis une vingtaine d’années, les compagnies aériennes pratiquent le yield management, qui donne lieu à une fluctuation du prix des billets (voir graphe ci-contre). La conséquence en est que pour comparer les prix sur une destination donnée, impliquant différentes compagnies qui pratiquent chacune le yield, le consommateur devrait en théorie surveiller en permanence les devis de toutes ces compagnies … démarche fastidieuse !

Ainsi, en même temps qu’internet est devenu la première source d’information pour préparer un voyage, un achat, … les comparateurs de prix sont naturellement apparus pour répondre au besoin du grand public d’y voir plus clair. Le succès est devenu tel que sur ce segment, la part des billets vendus via un comparateur est aujourd’hui prépondérante.

kayak

Nous connaissons les Kayak, Opodo, Liligo … mais aussi Google qui, suite au rachat de ITA software en 2010, dispose des moyens de comparer les prix en temps réel, et est en train de s’imposer sur ce segment au détriment des comparateurs patentés.

Extension à d’autres secteurs

Les comparateurs se développent également sur d’autres marchés. Citons-en quelques uns :

  • la restauration, où Tripadvisor fournit une information détaillée sur les services, la qualité (avis clients), mais aussi sur les prix, même si ceux-ci sont en principe stables dans le temps.
  • La grande distribution, avec par exemple monsieurdrive qui vous permet de comparer le prix du caddie entre les différentes enseignes.
  • Les stations-service, avec carbeo ou zagaz.

Nous pourrions multiplier les exemples dans l’assurance, l’automobile … de moins en moins de secteurs échappent à la comparaison.

D’une manière générale, les comparateurs servent de point d’entrée pour le consommateur qui cherche la meilleure offre. Pour les commerçants, ils mettent en place une forme de publicité comparative, apportant des clients (ou prospects) à ceux qui jouent le jeu.

Taxis et VTC : soudain, la multiplication des offres

Pour faire un trajet en ville, pendant un siècle on n’a connu qu’une solution : le taxi, dont le prix est régi par le barème préfectoral de chaque département (voir article Eurecab). Avec l’arrivée des Véhicules de Tourisme avec Chauffeur (VTC) fin 2009, et autres formes de covoiturage urbain, on trouve non plus une réponse mais une multitude d’offres présentant différents niveaux de service, qualité, et des prix qui varient désormais dans une large mesure (voir comparatifs Eurecab pour Orly, Roissy, Paris).

Pour répondre à ce nouveau besoin, il était donc naturel que des comparateurs se développent sur le marché des courses en taxi ou VTC.

Et voici les comparateurs de taxi et VTC sur le marché Français

Pour une course en France, on trouve plusieurs sites proposant une information sur les tarifs d’un ensemble de transporteurs (VTC ou taxis). Citons les principaux :

  • Montransport, qui se présente comme un annuaire des chauffeurs assez fourni. L’utilisateur renseigne sa demande de transport, et reçoit par mail les offres des différents chauffeurs potentiellement à même de réaliser la course.
  • Kelchauffeur, que nous présentons dans un prochain article, présente un site de comparaison assez complet : les prix estimés, et pour certaines compagnies, les temps d’approche prévus.
  • Letaximetre : Le site est annoncé comme une version « beta ». Présente les prix estimés pour les principales enseignes de VTC.

A noter, pour ces deux derniers sites, les prix affichés dans le comparateur sont des estimations, éventuellement différentes du prix réel des courses.

Comme le secteur qui évolue rapidement, ces sites annoncent des nouvelles versions. Nous ne manquerons pas de vous informer dès que celles-ci seront disponibles.

Les taxis G7 lancent l’appli eCAB

Nous vous parlions (ici) de l’arrivée d’Uber sur le marché français des courses (taxi ou VTC), concurrençant de fait les taxis G7 qui y occupent une position dominante, avec 7700 taxis affiliés (sur 18 000 taxis parisiens).

La bataille du taxi à Paris

Débarqué dans la capitale en 2012, Uber a pris une position très forte en à peine trois ans, à Paris comme dans la plupart des métropoles du monde. Comment l’expliquer ?

Il faut se souvenir que les taxis, installés dans un monopole centenaire, avaient fini par donner de la profession une image peu avenante. Le contraste avec les nouveaux entrants des années 2010 était marqué : parmi ceux-là, Uber a proposé un service qui surclassait ce que les taxis traditionnels proposaient jusqu’alors, au moyen d’une appli mobile très efficace et d’un service standardisé. Trois points ont marqué l’innovation du service :

  • Suivre le chauffeur pendant son approche, ce qui réduit le stress d’une attente aléatoire,
  • Noter les chauffeurs après une course rassure ceux qui hésiteraient à commander, à l’instar des Amazon, Tripadvisor, et nombre de VTC,
  • Régler sa course sans monnaie, au moyen de la carte bancaire enregistrée dans l’application.

Ensuite, Uber a répandu son service auprès de personnes qui prenaient peu ou pas le taxi traditionnel, distribuant des bons cadeaux auprès de jeunes actifs ou d’étudiants en retour de soirée.

Contre-attaque des majors du taxi : eCAB.

Après les taxis bleus dont nous parlions dans un précédent article, c’est au tour des taxis G7 de lancer sa contre-attaque.

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Celle-ci s’appuie sur sa nouvelle application eCAB, fer de lance d’une contre-offensive dont les objectifs sont  à la hauteur des résultats de la campagne d’Uber aux quatre coins du monde. A cette fin, G7 ne lésine pas sur les moyens, appuyant son lancement d’une campagne de pub TV avant/après la météo du 20h sur France2.

Le taxi G7 désormais à Bruxelles, Amsterdam, Paris, et ailleurs

Actuellement, le service est disponible à Bruxelles, Amsterdam, ainsi que sur plusieurs villes de province. Ensuite ? G7  l’annonce sur son site : 

« Fin 2015, [l’application eCAB] couvrira 50 villes, 9 pays, 3 continents, avec 40 000 taxis »

Regardons à présent l’application elle-même

Elle reprend pratiquement toutes les nouvelles fonctionnalités qui ont fait le succès des Uber, Chauffeur Privé, SnapCar, Allocab, Le Cab et consorts lors de leur entrée sur le marché :

Visualisation de l’approche du chauffeur réservé, notation du chauffeur, paiement par CB, … tout cela est désormais en place dans cette nouvelle application.IMG_4867

Ensuite des éléments propres au savoir-faire de G7 sont soignés :

  • Accent mis sur les gares et aéroports,
  • Trois niveaux de service (eCab, eCab+, eCabVIP)
  • La disponibilité du service dans un nombre important de villes au travers du réseau partenaires des taxis G7.

Enfin, G7 met en avant des atouts propres aux taxis de sa flotte :

  • L’utilisation des couloirs de bus, qui reste un atout exclusif des taxis,
  • La possibilité de réserver sa course à l’avance, ce que ne propose pas Uber.

 

Combien ça coûte ?

Le prix se base toujours sur le prix d’une course de taxi réservée, tarifée selon le compteur, qui dépend lui-même du trajet d’approche et de l’état de la circulation. A cela s’ajoute un supplément propre à la gamme choisie (en déplaçant le curseur rouge), en contrepartie de services plus étoffés :

  • eCAB (simple) : pas de supplément, paiement à bord du véhicule.
  • eCAB+ : supplément de 10% du montant de la course, paiement via l’appli.
  • eCAB VIP : supplément de 10% du montant de la course +6€, paiement via l’appli.

Résultat : toujours plus de services … mais où sont les prix ?

Pour le consommateur, l’émergence de nouvelles offres, et par ricochet la stimulation des offres traditionnelles de taxis, sont assurément une bonne nouvelle.

Cependant, parmi toutes ces offres, une majorité reste peu transparente sur les conditions tarifaires d’une course. En particulier, le mode de paiement automatisé simplifie la vie du client, au risque de le désensibiliser par rapport au prix du service : au moment de commander, celui-ci ne connait pas le prix de la course, et une fois arrivé à destination il n’a pas à sortir de moyen de paiement, le règlement se fait par prélèvement automatique.

Cette situation est singulière : que ce soit dans l’hôtellerie, le voyage en avion ou en train, les prix sont toujours connus au moment de la commande.

Chez Eurecab, nous croyons que le choix donné au consommateur est nécessaire, mais peu utile si celui-ci ne peut comparer les services et les prix. Très concrètement, nous mettrons notre comparateur en ligne d’ici peu. A suivre !

Souhaitez-vous être tenus au courant du lancement du nouveau service ? Inscrivez-vous ici. A bientôt !

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VTC, Uber, Djump : le taxi au prix du métro ?

« Plus pour moins cher ! » ou les miracles de la loi de Moore

Sur certains domaines, un progrès technique spectaculaire se traduit en bénéfices tangibles pour les utilisateurs : plus de services, plus de qualité, moins cher.

Ainsi, en informatique : la performance du matériel double tous les deux ans conformément à la loi de Moore, énoncée il a 40 ans, tandis que le prix des machines diminue. Un exemple : le prix des mémoires flash (clés USB) : 25€ pour 256Mo en 2003, 25€ pour 1Go en 2006 et 12€ pour 32Go aujourd’hui. Vous avez dit implosion ?

Dans la téléphonie on observe une évolution semblable : Entre ses débuts dans les années ‘90, où le GSM était signe extérieur de richesse et aujourd’hui l’évolution est spectaculaire, sur le plan des prix (compter moins de 4€ pour un forfait de 2h de communications) comme sur celui de la diffusion (taux de pénétration du mobile en France autour de 120%).

Cette loi pourrait-elle s’appliquer aux transports ?

Le train et l’avion sont toujours perçus comme chers, en dépit de la généralisation des offres « low cost ».

L’automobile continue à représenter un budget conséquent pour les ménages. Cependant, si les prix ont augmenté, la part que la voiture représente dans le budget des ménages s’est tassée : Il fallait 6.3 mois de salaire moyen pour s’acheter une Renault5 en 1981, tandis qu’une Clio vaut 4.9 mois de salaire 30 ans plus tard (-22%). Pour le carburant, il fallait 82 minutes de SMIC pour faire 100km en 1990, contre 69 en 2011 (-16%).

Pour autant, le prix du service (une course de taxi), toujours encadré par les barèmes préfectoraux, n’a pas baissé pour l’utilisateur.

Premier choc (2010) : les VTC

La création du régime de VTC crée une offre complémentaire à celle des taxis, dont le nombre ne suffit pas à répondre à la demande. L’offre VTC dispose d’un positionnement plus qualitatif, et ne peut opérer exactement sur les mêmes segments (voir articles Eurecab sur les différences entre taxi et VTC ou sur les atouts commerciaux de taxi ou VTC).

En terme de prix, ils permettent de faire des courses moins cher que celles des taxis réservés, mais un peu plus cher que celles d’un taxi pris en station (voir les comparatifs de prix Eurecab). Le principal atout étant le fait que ce prix soit fixé à la commande, contrairement au taxi dont le prix fluctue dans une large mesure.photo(snap)

Un succès public porté par … la qualité

Le service rendu par les VTC se démarque en tirant le meilleur parti de la technologie mobile.

Le taxi géolocalise le client et vice-versa, de sorte que le temps d’attente paraît maitrisé. Le paiement est automatique : pas de monnaie, on ne sort même plus sa carte bancaire, mémorisée dans l’appli mobile.

Ajoutez ceci au prix fixe, il en résulte que pour l’utilisateur, les sources de stress survenant généralement au cours d’un voyage sont atténuées. Le voyageur perçoit une qualité nettement supérieure à ce à quoi il était habitué auparavant.

ci-contre : vue d’écran de l’appli SnapCar

Bref, le VTC a apporté un complément d’offre à un marché en pénurie, porté surtout par la qualité. Pour autant, il n’a pas précipité en tant que tel la chute du prix d’une course.

Deuxième choc (2012) : partager les courses pour diviser les prix

Le taux d’occupation moyen des voitures privées est à peine supérieur à 1. Pour les taxis, si l’on exclut le chauffeur, on est dans les mêmes eaux. Partant de là, pourquoi ne pas chercher à grouper les clients voyageant sur le même trajet, pour en diviser le cout ?

Le premier à mettre ce principe en œuvre en France sera G7, avec son offre WeCab entre Paris et ses aéroports : le voyageur bénéficie d’une réduction de l’ordre de 40% par rapport au prix d’une course seul.

Exemple : entre Paris 12e et Roissy CDG, la course seul coute 69€, partagé 37€.

On parle bien ici de partager une course prestée par un chauffeur professionnel, licencié et assuré pour cela.

Troisième choc (2014) : se jouer des règles

Parallèlement à cela on retrouve plusieurs initiatives offrant un « covoiturage » entre particuliers. A l’instar de blablacar pour les trajets longue distance, Lyft, et Uber Pop, Uber Pool ou Djump ont mis en place une plateforme de partage de trajets courte distance entre particuliers.

Si le principe du covoiturage est vertueux, il est ici dévoyé : les particuliers en question ne se déplacent pas eux-mêmes sur le trajet proposé au passager. Ils enchainent au contraire les courses avec des clients, et les emmènent à la destination demandée par ces derniers, moyennant finance. Le « covoiturage » en question ressemble donc fort à une prestation de transport à la demande tarifée. Le particulier qui met ainsi sa voiture à disposition se crée un complément de revenu, voire un revenu principal … en-dehors du cadre légal observé par les chauffeurs professionnels (taxis ou VTC). Pas réglo non plus sur le plan fiscal (TVA) et social (cotisations).

Des prix fous

Ces offres couvrent les zones très denses (Paris centre), et proposent des prix sensiblement inférieurs à ceux des offres traditionnelles, comme on peut le voir ci-dessous.

Intra-Muros

opérateurTaxi en stationVTC (1)Djump (2)Uber POPUber Pool (3)RATP (5)
Opéra – Reuilly-Diderot
6km, 25 min
18€10-15€ 9€8.9€4.5€1.70€ - 5.7€ (*)
Odéon – Montparnasse
2.5 km, 11 min
11€10-15€ 5€4€2€1.70€ - 5.7€ (*)

Vers l’aéroport

opérateurTaxi (4)VTC (5)WeCabUber POPUber Pool (3)RATP (5)
Paris Nation – CDG
25km 33-45min
46€- 69€40€-59€37€30€15€10.5€ - 35€ (*)

(1) Gamme des prix fixes pour une course réservée, voir article Eurecab (lien)

(2) Djump calcule un prix recommandé. Le voyageur peut s’en écarter (en + ou en -). Toutefois, les mauvais payeurs récidivistes se voient exclus de la communauté. Djump n’est pas disponible en journée et couvre une distance max de 30km.

(3) L’offre Uber Pool correspond à un Uber POP qui peut regrouper potentiellement plusieurs clients. Si le réservataire fait finalement le trajet seul, il paie le prix d’Uber POP -10%. S’il est rejoint par un autre passager, il bénéficie d’une réduction plus importante (-50% si les trajets correspondent).

(4) Minimum pour un taxi pris en station de jour, sans supplément bagage, trafic fluide/ Maximum pour un taxi réservé à l’avance, de nuit.

(5) Le 2e chiffre correspond à un prix sans subsides : à Paris, les usagers ne paient que 30% du cout. 70% sont couverts par des subsides ou par la cotisation des entreprises de la région.

Quatrième choc (2017) : la voiture autonomeM-GoogleCar

Nous en avons parlé dans cet article sur la voiture autonome, dont des dizaines de prototypes sont en train de sillonner les routes américaines, pourraient débarquer sur le marché à partir de 2018.

Compte tenu de ce que la majeure partie du prix d’une course en taxi sert à rémunérer le chauffeur, nous sommes face à une nouvelle rupture, avec un impact potentiel de l’ordre de 70% du prix des offres conventionnelles. La technologie qui remplace le chauffeur n’est certes pas gratuite, mais son prix se divise rapidement avec les volumes, pour suivre cette fois une trajectoire parallèle à celle des produits technologiques évoquée en début d’article … la loi de Moore.

Plus de transports, plus de qualité pour moins cher ?

Au regard des progrès accélérés qui portent la micro-électronique depuis 40 ans, le secteur des transports routiers n’a connu au cours du XXe siècle que des évolutions marginales.

Depuis 2010, il est traversé par une succession de chocs qui, en une décennie, auront complètement transformé le paysage.

A court terme, réjouissons-nous de ce que les utilisateurs puissent connaitre plus de confort au prix du discount, voire pour celui d’un ticket de métro.

L’avenir est à la fois fascinant et inquiétant … comme toujours.

Taxis, VTC et mini cabs : un aller-retour entre France et Angleterre

Deux histoires croiséesfrance-england

Entre Guerre De Cent Ans et Entente Cordiale, l’histoire de nos deux pays est celle d’une constante émulation, plus ou moins pacifique. Un peu comme ces rendez-vous sportifs dont nous nous réjouissons, même s’ils peuvent laisser quelques bobos. Je vous propose de refaire ce match, en commençant par la fin.

Coup de sifflet.

Le VTC et mini cab londonien : un air de famille

Ainsi, les VTC nouvellement apparus dans l’hexagone ressemblent furieusement à leurs cousins Mini cabs qui sévissent en Angleterre depuis plusieurs décennies. Est-ce vraiment un hasard ?

Nombre de personnes fréquentant les deux côtés de la Manche pouvaient apprécier l’abondance et l’efficacité de leurs services. En 2008, le rapport Attali cite en exemple Londres et New-York et lâche une bombe en écrivant « Une ouverture complète du marché des taxis et des véhicules de petite remise parisiens permettrait d’avoir au total de 50 000 à 60 000 taxis et VPR à Paris et en proche banlieue (contre 16 000 aujourd’hui), soit un gain d’emploi de 35 000 à 45 000. ». le gouvernement Fillion-Sarkozy fait sien le livre-programme, et tente de faire passer une réforme des professions réglementées dans les premiers temps du quinquennat. Las, une grève plus tard, la réforme des taxis était abandonnée.

Pourtant … mi-2009, une loi passe discrètement. Sans toucher à la profession de taxis en tant que telle, elle confère à Atout France, organisme rattaché au ministère de l’Economie, le soin d’attribuer une licence de transport rénovée, le Véhicule de Tourisme avec Chauffeur (VTC).

Quoi qu’il en soit, nombre d’observateurs y ont vu la brèche qui permettrait de développer en France l’équivalent des mini-cabs qui font florès en Angleterre. Parmi eux, les fondateurs d’Ecota.co, Allocab, Pink-Me-Up, dont nous avons recueilli les témoignages dans d’autres articles. Idem pour LeCab, Chauffeur Privé et SnapCar. Leurs fondateurs nous ont tous parlé de leurs expériences à l’étranger, et en Angleterre en particulier.

S’il est difficile de se prononcer sur le lien de causalité entre le rapport Attali et la loi de 2009, les min cabs ont clairement inspiré l’apparition du phénomène en France.

Les poids lourds entrent sur le terrain

Sur ce marché français en déficit d’offre, mais dont la réglementation s’assouplit, les grands opérateurs entrent en lice.

England 1 – France 0

Parmi les premières à préparer leur entrée sur le marché français, nous avons LeCab, issu en droite ligne du leader du mini-cab anglais, Addison Lee. LeCab est praddisonleeésent à Paris depuis 2012, compte plusieurs centaines de voitures en ile de France, et prépare son déploiement sur Lyon.

France 1 – England 1

Après le leader vient le second … Si Green Tomato Cars est également présent comme mini-cabs à Londres depuis des années, l’entreprise est passée fin 2010 sous le pavillon français de Veolia-Transdev. Cette filiale de la Caisse des Dépôts, déjà leader sur le marché des taxis aux Pays-Bas, prépare son entrée sur le marché … français. Vous avez dit référence circulaire ?Green_Tomato

Pour faire bonne mesure, citons Uber l’américain (financé par Google), entré sur le marché Français dans le cadre d’une stratégie de conquête mondiale, mais la petite histoire veut que son fondateur ait eu l’idée du service alors qu’il galérait pour trouver un taxi lors d’un déplacement à … Paris. Plus que jamais Ville-Lumière !

Si le VTC descend du mini-cab, quel est l’ancêtre du mini-cab ?

Au Royaume-Uni, le régime du mini cab est bien défini dans sa forme actuelle depuis le Private Hire Vehicle Act (1998). Le secteur regorge d’entreprises dynamiques devenues spécialistes des courses réservées, qui débarquent en France comme on vient de le décrire.Renault-Dauphine

Le mini cab s’est développé à partir des années 60 en exploitant un vide juridique dans la règlementation qui régissait les activités de transport de personnes (le 1869 Carriage Act). Leur véhicule de prédilection était alors … la Renault Dauphine !

A l’époque, ou le « mini » était en vogue (mini-jupe, mini-austin, …), on a donné leur nom aux « mini cab » par distinction des taxis classiques, appelés depuis leur origine au tournant du XXe siècle les « black-cabs ».

Pourquoi black ? Tout simplement parce qu’à l’époque, la peinture noire était la moins chère.

Pourquoi cab ? Cab est le diminutif de « cabriolet ». Le Cabriolet est l’ancêtre hippomobile de l’automobile. Introduits de France ecabrioletn 1823, les Cabriolets comptaient un cheval et une remorque à deux roues mise à disposition des passagers. Populaires pour leur rapidité et leur confort, l’ancien premier ministre Disraeli les appelait « les gondoles de Londres ». Les londoniens les ont affectueusement surnommées « CAB » terme encore utilisé actuellement …

Ainsi le mot anglais pour « taxi » est le diminutif d’un mot bien français. La boucle est bouclée.

Les Taxis Bleus : prix fixes et appli mobile

Nous avons rencontré Yann Ricordel, directeur général des Taxis Bleus depuis fin 2011.

Qui sont les Taxis Bleus ?

La centrale des Taxis Bleus démarre en mai 1960. Son histoire est traversée par une série d’évolutions technologiques majeures.

A l’époque, les clients appelaient les opératrices du centre d’appel, qui enregistraient les commandes sur des fiches. Celles-ci étaient transmises à des opérateurs radio, qui opéraient le dispatch auprès des chauffeurs. Techniquement datée, la radio n’en était pas moins une technologie robuste. Cette infrastructure a fonctionné jusqu’en 2012, où la liaison GPRS a définitivement remplacé la radio.

A partir de 1994, introduction du GPS, qui a permis de géolocaliser en temps réel les chauffeurs et d’automatiser la distribution des courses, réalisée sans l’intervention d’un dispatcheur humain, comme cela se fait encore aujourd’hui dans de nombreuses compagnies américaines par exemple.

En 2000, la distribution s’étoffe avec la mise en place de serveurs vocal interactifs (SVI) et d’un site internet pour les clients particuliers et partenaires (hôtels, grands comptes …).

En 2010, les Taxis bleus sortent leur première appli mobile.

Parallèlement, la société a développé un réseau de partenaires qui assure une couverture des grandes métropoles françaises.

Evolution du secteur

Le premier concurrent de l’artisan taxi est … l’artisan taxi, dans la mesure où ceux-ci sont indépendants, ils vont tous tenter de tirer le meilleur parti du marché.

Donc, l’arrivée de VTC et des moto-taxis correspond à une nouvelle concurrence, qui se substitue à la grande remise. Pas une révolution mais une évolution, dont le cadre juridique n’est pas suffisamment clair, selon Yann Ricordel : « Avec la commission Thevenoud, le gouvernement avait le choix de faire converger les deux régimes, ou de clarifier la segmentation. Il a choisi plutôt la seconde option, avec une ligne de séparation, la « maraude », et sa déclinaison en « maraude électronique », qui est devenue perméable, ce qui pose problème. »

La généralisation de l’internet mobile fait surtout évoluer les attentes des clients. Les VTC l’ont bien compris. Les Taxis Bleus quant à eux suivent l’évolution technologique … comme ils le font depuis six décennies.

Uber est souvent assimilée à l’innovation technologique. Mais plus qu’une technologie, qui est comparable à la nôtre, c’est leur modèle économique et social qui est contestable : le transport par des particuliers rémunérés par exemple est plus proche de celui d’un taxi clandestin que d’un service de transport légal. Les pouvoirs publics devront trancher : souhaitons-nous que le transport de personnes évolue vers un cadre social dérèglementé ?

Réaction des Taxis Bleus face aux évolutions du secteur ?

Le virage du numérique permet de rapprocher les canaux de distribution des clients : central d’apbleus_applipels, SVI, site internet, appli mobile et la petite dernière, l’appli smart watch ! Cette évolution vers la multicanalité se poursuit aujourd’hui avec la mise à disposition d’API (connexions internet pour distribuer le service) auprès de nos partenaires, d’ici quelques semaines.

Sur le plan du service, les Taxis Bleus ont mis en place le prix maximum garanti. Il s’agit d’une option qui garantit le plafonnement du prix de la course au niveau du tarif annoncé par l’application avant la course, même si le compteur est allé au-delà en fin de trajet. Les retours des clients sont extrêmement positifs.

Quatre questions à … Yann Ricordel

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Q: Quelles sont les particularités de la clientèle parisienne ?

R: les clients sont dans l’ensemble exigeants, pressés … et attachés la relation humaine adaptée à la circonstance. Exemple un pro souhaitera du calme, une personne en trajet médicalisé sera davantage demandeuse d’une discussion. Je ne crois pas en l’uniformisation du service pour le client parisien.

Q : Quelles sont les spécificités du service Taxis bleus ?

R : l’acteur qui dispose du plus grand nombre de canaux de distribution du secteur.

Q : Pourriez-vous nous faire part d’un coup de cœur survenu à l’occasion de votre activité ?

R : C’est un métier de service aux personnes, qui nous amène à partager des tranches de vie quotidienne des gens, des événements tristes ou heureux. Par exemple, pendant les grèves SNCF de juin dernier, nous avons ouvert un N° d’appel prioritaire dédié aux bacheliers pour qu’ils puissent rejoindre leur centre d’examens. A l’issue de cela, nous avons reçu de nombreux courriers ou mails de remerciement !

Q : une galère ?

R : c’est un métier exposé où les agressions physiques (larcins, clients éméchés, guet-apens…) sont malheureusement régulières. Le 11 septembre dernier, c’est un chauffeur de taxi parisien de 56 ans qui est décédé des suites d’une agression par ses clients alcoolisés. Ces hommes et ces femmes chauffeurs de taxis font un métier souvent stressant, et parfois dangereux.