[Portrait de chauffeur] Rachel Garnier : d’une voie de garage au métier de VTC

Nous inaugurons une série de portraits consacrés aux femmes et aux hommes qui vous conduisent chaque jour. Nous souhaitons vous faire découvrir qui sont ces personnes, quels sont leurs parcours, leurs quotidiens, leurs envies et leurs aspirations. Premier épisode avec Rachel Garnier, présente sur Eurecab depuis seulement 3 mois.

Une enfance entre Toulon et la Yougoslavie

Rachel est originaire de Toulon. Elle a grandi au sein d’une grande famille : 4 sœurs et 3 frères. Sa mère était infirmière et son père, coiffeur de formation, un passionné d’automobile. Parce que sa tante -missionnaire évangéliste- n’avait eu que des fils, la mère de Rachel décide de lui envoyer deux de ses filles. Direction donc Belgrade, capitale de la Yougoslavie, où Rachel passera quatre années, entre 1974 et 1978. Elle en gardera un merveilleux souvenir : des « gens accueillants qui aiment beaucoup les Français et des paysages merveilleux ». Rachel n’y est pas retournée depuis, mais elle garde des attaches avec sa tante missionnaire qui y réside toujours.

Rachel avec sa sœur, sa tante et ses fils, et des membres de l'église évangéliste

Rachel avec sa sœur, sa tante et ses fils, et des membres de l’église évangéliste

 

D’une voie de garage au métier d’ambulancier

Rachel est restée en Yougoslavie jusqu’en classe de 3eme et l’obtention de son BEPC. Elle souhaitait poursuivre par une seconde T5 et suivre un cursus musical (elle a étudié le piano). Mais, à cause du manque de places, elle se rabat sur une filière secrétariat sténodactylographe.

Sténodactylographe ? Un destin peu en phase avec les aspirations de Rachel qui avoue une réelle passion pour la conduite automobile. S’ensuit alors une succession de métiers : femme de ménage, secrétaire, gardienne d’entrepôt, secrétaire médicale, vendeuse en boulangerie… Jusqu’au jour où, prenant son destin en main, Rachel décide d’aller discuter avec des ambulanciers habitant à côté de chez elle. Nous sommes en 1998, elle passe alors le CCA (certificat de Capacité d’Ambulancier) puis le diplôme d’ambulancier.

Photo prise à la destination d'un trajet en ambulance entre Paris et Marseille

Photo prise à la destination d’un trajet en ambulance entre Paris et Marseille

Le métier d’ambulancier (en secteur privé) lui plaît beaucoup, elle l’exercera pendant 17 ans. Ce métier nécessite de grandes qualités humaines, « il faut aimer les gens, sans préjugés raciaux ou de religion » confie-t-elle. Il faut aussi une bonne dose de patience… « Les plus patients ne sont pas forcément ceux que l’on croit » dit-elle en plaisantant. Parfois, il faut savoir gérer des cas difficiles : certaines personnes sont agressives, en veulent à la terre entière, il faut alors savoir faire preuve de psychologie. D’autres fois, on apprend avec tristesse qu’un patient dont on avait pris l’habitude de le conduire à ses soins n’est plus là. C’est dur mais cela fait aussi partie du métier.

Retrouver le monde des vivants

Bien qu’elle ait exercé son métier d’ambulancier avec passion, Rachel souhaitait passer à autre chose. « Le métier d’ambulancier est physique, on peut avoir 5 étages à parcourir pour descendre (ou monter) un patient ». Bien sûr, les ambulanciers travaillent à plusieurs, mais cela reste difficile. Et puis au bout de toutes ces années, Rachel voulait « retrouver le monde des vivants ». Côtoyer la mort et la maladie quotidiennement, ça pèse aussi.

A propos du métier de chauffeur VTC, elle affirme « j’y avais déjà pensé avant d’être ambulancière, mais faute de moyen, c’était difficile. Mes dispositions financières [ndlr : le contexte réglementaire était moins favorable aussi] ne me le permettaient pas. » En 2009, Rachel a l’occasion de s’installer en région parisienne. Elle y exerce pendant encore 6 années le métier d’ambulancier, puis le déclic vient à nouveau. Mais il lui faudra attendre près de 10 mois pour obtenir sa carte professionnelle, à cause d’une faute d’orthographe sur son prénom.

Rachel tire un premier bilan de sa nouvelle vie professionnelle plutôt satisfaisant « Maintenant je transporte des clients et non plus des patients, mais toujours avec le même plaisir. Le métier de chauffeur reste également moins difficile physiquement que le métier d’ambulancier ». Les jours de repos ne sont cependant pas légion. Rachel avoue ne pas travailler le lundi « sauf quand un client habitué souhaite réserver une course ». Les horaires sont aussi élastiques, il faut notamment savoir gérer les temps morts entre deux courses.

Au quotidien, Rachel travaille seule, mais peut compter sur certains confrères pour l’aider. Il s’agit plus d’un réseau d’entraide que d’une association. Par exemple, lorsqu’un client est en retard à l’aéroport, il lui arrive de solliciter ou d’apporter de l’aide à un confrère. Ces situations sont désormais plus fréquentes, car « les retards d’avions sont nombreux et le plan vigipirate entraîne une augmentation du nombre de contrôles ». Mais il faut faire avec.

Le nettoyage du véhicule : une tâche fréquente

Le nettoyage du véhicule : une tâche fréquente

Rachel aime proposer des petits plus à ses clients (eau, bonbons…). Elle a récemment testé une offre de magazines, une attention particulièrement appréciée par la gent féminine. Elle affectionne également beaucoup le côté humain de son métier. « J’aime bien discuter avec le client, faire de petites taquineries. Certains clients préfèrent discuter et me demandent de ne pas mettre de musique. Mais d’autres préfèrent le calme. Je me souviens d’une cliente qui revenait d’un long voyage…J’ai tout de suite vu qu’elle souhaitait rester tranquille. A la fin du voyage, elle m’a remerciée de l’avoir laissée se reposer. » Pour tous ses clients, Rachel met à profit son expérience d’ambulancière pour conduire sans à-coups.

Et pour plus tard ?

« Je n’arrêterai pas, j’adore conduire ! Je suis dans mon élément au volant » affirme cette mère d’une fille de 25 ans. Fidèle à la marque Volkswagen, Rachel roule en Passat modèle 2016. Elle apprécie ce véhicule « agréable à conduire et disposant d’un grand coffre ». Cela est bien utile pour conduire certains clients très (parfois trop) chargés. Elle rêve de s’offrir la Passat finition Carat, avec toutes les options. Oui, Rachel aime vraiment conduire.

A bord, les animaux sont les bienvenus (leur transport dans un sac/une cage pourra être demandé).

A bord, les animaux sont les bienvenus (leur transport dans un sac/une cage pourra être demandé).

Elle est également secrétaire générale de l’association MJ Move. Cette association porte le message de Michael Jackson pour aider la recherche sur des maladies rare : «  Nous sommes partenaires d’associations à but caritatif. Nous entreprenons des actions d’information et de sensibilisation sur les maladies rares, et notamment sur le don de la moelle osseuse auprès de l’association Courage Ulysse Tonye, en mémoire d’un petit garçon qui était atteint d’Aplasie Médullaire. » Si vous voulez entendre « Heal the World » ou « Man in the mirror » pendant votre trajet, il n’y a qu’à demander !

sensibilisation au don de la moelle osseuse

Photo prise lors d’une journée de sensibilisation au don de la moelle osseuse

Rachel Garnier vous conduira avec plaisir sur tous vos trajets en Ile de France et en province avec sa société Alliance VTC Prestige 94. Pour réserver : cliquer ici.

A propos de l'auteur Voir tous les posts

Théodore

Leave a Reply

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs nécessaires sont marqués *